Scrum est l’une des méthodologies Agiles stars, qui fait partie des plus répandues et des plus structurées. Sans doute un rien paradoxal, compte tenu de la dynamique Agile qui a pour vocation une approche « plus flexible » de vos projets. Sur le principe, cette méthode particulière peut s’appliquer avec ou sans outils dédiés, comme par exemple en intégrant un logiciel de gestion de projet dans le pilotage.

Qu’est-ce que la méthode scrum : définition ?

Tout d’abord, c’est une méthode agile – sans doute la plus utilisée – qui applique donc les grandes règles du manifeste Agile. Elle permet une conduite de projet, visant à améliorer la productivité d’un côté et le produit, via des retours fréquents et réguliers. Le client/utilisateur est au cœur du processus agile de la méthode Scrum, car il est le pilote de l’équipe projet. Les rôles de chacun (scrum master, product owner, …) tiennent une place toute particulière dans la mise en place du Scrum.

La méthode Scrum, c’est quoi ?

Scrum, en anglais, veut dire mêlée, d’où ce focus évident sur l’équipe, qui se doit d’être coopérative et soudée, comme dans le sport auquel le terme est habituellement associé. C’est également une phase de jeu particulière qui revient de manière cyclique dans le jeu… Cette analogie est donc très bien trouvée, puisque dans la méthode agile du même nom, il s’agit d’enchaîner des phases, appelées sprints.

Pour reprendre les termes du développement logiciel, d’où cette approche de gestion de projet est principalement tirée, Scrum est en fait une « norme d’application » au projet en question, un cadre de travail, comme un framework pour les logiciels. Cette méthode apparaît pour la première fois sous la dynamique de Hirotaka Takeuchi, dans les années 1980, avant d’être étayée par Ken Schwaber, puis Jeff Sutherland, dans des guides mettant en avant fondements et principes de la méthode Scrum, dans les années 90 et 2000.

Comment se structure la méthodologie scrum ?

La méthodologie Scrum schématisée

La méthode Scrum se compose de sprints, des phases de temps plus ou moins longues (mais souvent autour de quelques semaines) et de temps informels structurant en amont et en aval. L’équipe, comme souvent en Agile, est en auto-organisation et s’appuie principalement sur une collaboration active tant interne qu’avec le demandeur. Dans le cadre d’un sprint, l’équipe réalise une mêlée quotidienne qui permet, dans le principe agile, de prendre en considération les avancées du produit et les besoins du client. Il s’agit d’un processus empirique, autour de ces événements de développement du produit, où les adaptations seront possibles.

3 étapes constituent la méthode Scrum. Un lexique tout particulier à cette méthode permet de bien suivre.

Le product backlog, avec l’analyse du besoin précis sous la dynamique du client.
On y liste l’ensemble des fonctionnalités attendues, même si le cahier des charges n’est pas figé.
On décide alors de ce qui peut être fait et quand. Les éléments du backlog seront convertis et répartis dans les sprints, en fonction de l’objectif et des user stories, défendus par l’owner.

Le sprint, donc, avec une répartition des tâches du moment sur une approche cyclique ; avec un focus de l’équipe sur une problématique unique. Une réunion de planification est prévue au démarrage, selon les priorités du client et en fonction du product backlog.
Chaque jour, une réunion rapide au matin (un peu comme le standing meeting des startups) : c’est le daily scrum. Motivation et organisation de la journée.

Pour finir, le Sprint Review, en fin de sprint avec test des nouveaux aspects du produit pour vérifier la fonctionnalité, mais aussi la cohérence avec l’attente client.

La boucle est faite, il faudra ensuite les dérouler jusqu’à la fin du projet, sous cette méthode de gestion de projets Scrum. Outre la planification, le rôle spécifique de certains des membres guide à la fois la vision autour du logiciel ou du produit, comme la façon de définir l’objectif du sprint en cours (ou à venir). Pour faciliter cette méthodologie, le processus peut s’appuyer sur de nombreux outils, en amont ou pendant la planification. Il peut s’agir d’un logiciel dédié, d’une matrice ou même d’un guide de réunion (nombreuses à jalonner sprint et planning global).

Quels sont les grands principes de scrum ?

La méthode Scrum se différencie des autres méthodologies agiles, par une certaine codification, une terminologie qui lui est propre (backlog, scrum master, sprint, …), des rôles précis et des documentations spécifiques. La collaboration autonome et horizontale des membres de l’équipe est toujours essentielle. Mais dans cette méthodologie, certains rôles « imposent » des exigences spécifiques.

C’est le cas notamment du « product owner » (beaucoup de termes sont en anglais, origines oblige) ou du scrum master. L’un porte la vision autour de la « user story », c’est-à-dire la transcription du besoin de fonctionnalités en exigences concrètes au regard de l’usage souhaité. Le second est plutôt orienté sur la dynamique agile, l’avancement des tâches et la qualité collaborative du projet. Il guide ainsi l’équipe, sans la contraindre, ni ordonner, au travers de chaque réunion. Ce rôle est central dans la gestion des projets et dans l’équipe, sans qu’il soit pour autant considérer comme le chef de projet (au sens habituel).

Les grands principes de Scrum

3 grands piliers (toujours des références au rugby) sont préconisés pour appliquer parfaitement le cadre de travail Scrum :

- Transparence, avec des parties prenantes toutes informées de ce qu’il se passe et un langage commun pour une parfaite compréhension projet ;
- Inspection, avec des évaluations fréquentes pour vérifier l’adéquation entre produit et demandes client ;
- Adaptation, avec une capacité à corriger l’orientation du projet en cas d’écarts détectés avant la phase d’inspection.

Scrum possède aussi ses valeurs spécifiques, en déclinaison du manifeste Agile, parmi lesquelles se trouvent :

- L’engagement (il se veut personnel pour chaque membre en fonction de ses objectifs par sprint)
- Le respect (mutuel que ce soit pour l’équipe projet, le management ou les donneurs d’ordre)
- La focalisation (primordiale et unique sur le développement prévu)
- Le courage (face aux défis à relever pour l’équipe en pleine autonomie)
- L’ouverture (la communication est essentielle pour avancer et résoudre les soucis autour du mode Scrum)

Les valeurs du Scrum, en image

Pas de prédiction dans la méthodologie Scrum, avec ces possibilités d’adaptation progressive, ce qui impose différents types de réunions et un contrôle permanent du processus. L’ensemble des activités réelles du projet n’est au final pas connu avant le terme de celui-ci, et la livraison finale (contrairement aux méthodes traditionnelles plus fermées, comme le cycle en V ou la méthode waterfall).

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Quels risques pour cette méthode agile ?

Comme pour tout cadre de travail, et malgré la souplesse évoquée de la méthode Scrum, on n’est pas à l’abri de biais dans sa mise en place. Même si l’on peut toujours apporter quelques variantes ou fusionner deux méthodes, il faut malgré tout arriver à garder le cap, au risque de sortir du Scrum.

On dénote 3 grands cas de dérives sous cette approche agile particulière :

Le Vrum où, au final, il y a une collision entre Scrum et cycle en V. On réalise ainsi un projet dont la phase de réalisation uniquement se fait sous Scrum. Mais le cahier des charges est conservé, tout comme des tests généraux en fin de développement. On va donc enfermer la méthode dont le pilotage n’est plus par la valeur, le produit (en agile), mais par le plan.
Il n’y a aucune négociation ou redéfinition entre l’initial et le livrable.

Le flacid Scrum où l’on va mettre de côté la qualité et cumuler de la dette technique tout au long du projet. C’est une dérive mise en évidence par Martin Fowler. L’efficacité des pratiques est alors en cause pour corriger le problème.

On trouve aussi un risque autour du scrum master. En effet, la règle reste l’auto-organisation et donc si le « maître » est en fait un chef de projet directif, cela génère un fonctionnement différent de la nature même du Scrum, ainsi que des tensions possibles. On dérape alors sur une perte grave en communication et en fluidité, là où le soutien de l’équipe et sa collaboration active sont pourtant au cœur de principes forts de Scrum.

Tableau Scrum

En définitive, la méthode agile scrum et ses 3 étapes majeures restent simples à comprendre, malgré un lexique Scrum spécifique et une logique un peu plus cadrante que l’agile habituelle. Toutefois, la mettre en place nécessite pas mal de rigueur et on pense souvent travailler en méthode Scrum, alors qu’il n’en est rien, notamment dans les startups. Avoir l’envie et la vision pour un tel management projet ne suffisent pas à valider l’objectif d’une vraie conduite de projet en mode Scrum.

Les grands principes cités plus haut ainsi que la méthodologie formelle de la méthode Scrum sont souvent un peu oubliés et la seule visée reste l’équipe et la volonté d’amélioration continue. Cela ne fait pas forcément une approche Scrum au sens strict. Mais vous aurez pris à minima de bonnes habitudes en cherchant à l’atteindre, notamment sur l’humain de votre gestion de projet et dans l’écoute du client et de ses besoins. Ce n’est donc jamais perdu. La qualité s’en trouvera forcément renforcée, que ce soit en termes de collaboration, d’implication ou d’objectif produit ou logiciel.

En savoir plus

Pour plus d’informations sur Scrum.

Pour comprendre d’autres méthodes agiles, profitez des définitions simples sur :
- la méthode Kanban,
- ou tout simplement sur la logique agile de manière générale

Si vous souhaitez également mieux cerner et utiliser, une méthode de type traditionnel :
- le cycle en V,
- le WBS,
- la méthode Waterfall

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