La gestion de projet ne se résume pas à un seul métier. Derrière ce terme se cachent plusieurs fonctions bien distinctes, chacune avec son périmètre, ses compétences et son positionnement dans l’organisation.
Comprendre ces différences vous aide à mieux situer votre propre rôle, ou à identifier le bon profil selon les besoins de votre projet. Tour d’horizon des principaux métiers de la gestion de projet.
Pourquoi les métiers projet deviennent stratégiques ?
Les projets gagnent en complexité, en durée et en nombre de parties prenantes impliquées. Cette évolution a fait émerger des métiers de plus en plus spécialisés là où, il y a encore quelques années, une seule personne pouvait couvrir l’ensemble du périmètre. La multiplication des méthodologies (agile, hybride, gestion de portefeuille) a aussi contribué à cette spécialisation : piloter un projet, accompagner un changement organisationnel ou superviser un portefeuille de projets demandent aujourd’hui des compétences suffisamment différentes pour justifier des métiers à part entière.
Cette professionnalisation du secteur profite directement aux organisations : mieux identifier qui fait quoi limite les zones de flou et clarifie les responsabilités sur des projets de plus en plus transverses.
Le chef de projet : coordinateur opérationnel
Selon les cas, il peut être appelé manager de projet, gestionnaire de projet ou même project leader.
Cela varie selon les pays, les habitudes, voire parfois le niveau hiérarchique. On peut en effet avoir des chefs de projets, chapeautés par des managers, eux-mêmes supervisés par un directeur de projet…
Il s’agit du métier de gestion de projet au cœur de l’opérationnel et de la conduite du projet. C’est donc l’élément central. Il faut pour cela un très bon relationnel et des compétences techniques, pour être garant de la réussite. L’expérience se fera, elle, surtout sur le terrain, au fil des années et des difficultés. D’autres articles lui sont ici consacrés, quant à son rôle ou aux atouts attendus.

Il cadre, suit l’avancement et les problématiques, anticipe et met à jour tout en coordonnant équipes et besoins.
Quel est le salaire d’un gestionnaire de projet ?
En France, un chef de projet peut s’attendre à un salaire moyen annuel d’environs 40 000 euros brut. Ce salaire peut bien sûr varier en fonction de l’expérience, du secteur d’activité et des spécificités de l’entreprise. Les grandes entreprises par exemple ou celles du secteur technologique peuvent offrir des salaires plus élevés en raison de la complexité des projets à gérer.
Quel est le cadre de travail pour ce poste ?
Il peut être isolé, pleinement maître du projet, comme responsable d’une équipe et ainsi s’assurer du suivi d’objectifs de chacun. Il peut également être superviseur, chargé du management, du contrôle et de la dynamique.
Mais il est plus souvent à la fois responsable et opérateur. Avec des tâches, un travail opérationnel, des missions qui lui sont propres et permettront l’avancement du projet. Il est plus délicat dans ce cadre de procéder au management car le chef de projet est à la fois, dans un poste directif et de réalisation.
Il faut aussi, dans cet univers de la gestion de projet, bien garder à l’esprit que nombre de gestionnaires de projet, ne sont pas des purs produits issus d’une formation dédiée. Ils ont très souvent une double casquette et une activité antérieure. C’est le changement des modes organisationnels qui a mené beaucoup de professionnels, à devoir endosser ce costume. Le basculement des entreprises, en mode projet pour leur réalisation, à imposer de fait l’émergence de ce métier, au sens plus large.
Auparavant, la gestion de projet était un domaine très spécifique, réservé aux experts formés aux méthodes, aux logiciels et aux bonnes pratiques pour piloter un projet et encadrer les membres de l’équipe.

Le PMO : pilote de la gouvernance projet
Aussi appelé directeur de projet, il est au-dessus du chef de projet et appréhende l’activité de manière plus macro. Il dispose d’un portefeuille à gérer et s’intéresse en premier lieu à une bonne maîtrise synthétique de leurs résultats.
Dans ce métier de la gestion de projet moderne, il fait la liaison avec la direction.
Il sera en charge des arbitrages et doit assumer pleinement les dérives éventuelles puisqu’il a pour mission de cadrer les chefs de projet.
Il peut malgré tout intervenir au besoin directement dans le projet, aux côtés du chef de projet même si en général, il a plus un statut de supervision et de structuration.
Le PMO a ainsi une place stratégique de par sa vision globale et sa contrainte des objectifs généraux fixés par l’entreprise.
Quelles sont les spécificités de ce gestionnaire de projet – superviseur ?
Dans la majorité des cas, le PMO est plutôt expert en pilotage de projets voire du portefeuille. Il prend de la hauteur et a rarement des réalisations à faire sur les projets en question.
Il est le relais d’expérience entre les gestionnaires de projet et la direction. Souvent invité en CoDir pour assurer les présentations macros, il réfléchit aux objectifs stratégiques. Le PMO se trouve ainsi responsable des délais, budgets et autres responsabilités.
Ce métier s’intègre plus dans le processus du portefeuille et du management que dans la conduite de projet au quotidien. Il déléguera ces missions au chef de projet, jouant plus un rôle de conseil, d’arbitre, voire de communication, pour atteindre les objectifs.

Le Change Manager : acteur de la transformation
Ce métier est né avec l’émergence des projets de transformation. Le change manager conduit des projets de changement, qu’il s’agisse de refonte, de restructuration ou de redynamisation des process. On pourrait aussi le qualifier de coach en organisation. Il apporte aux entreprises des méthodes et un cadrage sur ces projets de fond.
Là où le chef de projet élabore un produit ou un service pour l’entreprise, le change manager fait l’inverse. Il fait évoluer l’organisation pour qu’elle s’adapte à une nouvelle solution.
Quelles sont les compétences pour ce responsable ?
Conseil avant tout, le Change Manager construit le plan, pour les membres de l’équipe, visant à considérer :
- les méthodes,
- les profils collaborateurs,
- les outils en place,
- et le contexte général.
Il doit ainsi être dans la communication et l’empathie, pour comprendre, synthétiser et structurer, tout en intégrant la dimension humaine et les freins évidents au changement. Dans l’idéal, il doit posséder une grande expertise des méthodes, des outils et des logiciels. Il peut dans ce dernier cas, parfois s’appuyer sur un métier spécialisé dans la détection et la connaissance des outils ou des logiciels en place dans l’entreprise (surtout dans les grands comptes).
La formation des équipes, des directions, ainsi que la capacité à animer des ateliers, des groupes de travail seront des atouts significatifs à ce poste.
Il aura l’art et la manière de conduire, non pas un projet, mais les hommes et les process, vers une évolution des processus, des fonctionnements et des logiciels de gestion de projet (parfois), digitaux et collaboratifs (toujours).
Le Coach Agile
Il est souvent externe à l’entreprise et a pour vocation, la montée en compétences des équipes autour de la gestion de projet, et bien entendu, des méthodes agiles.
Il peut s’agir de principes, de méthodologies, de culture d’entreprise, de connaissances des outils dédiés ou bien de pratiques.
Ce gestionnaire est un accompagnant vers la maîtrise pleine de la méthode de gestion de projet choisie.
Le coach agile évolue en marge et en amont des projets, pour préparer le terrain. Il évangélise dans l’entreprise sur le sujet de la gestion de projet agile, la déploie, identifie les résistances aux changements…
Leadership et management sont ses armes principales. De nombreuses certifications sont aujourd’hui possibles, pour être non seulement un expert de l’agile, mais aussi un coach en organisation et management crédible.
Quelles sont les grandes différences avec les autres métiers ?
Le coach Agile intervient avant le projet : plus qu’un chef de projet, il agit comme un catalyseur de compétences auprès des équipes et des responsables. Comme le change manager, il dispose d’une certaine latitude et peut travailler à ses côtés sur le terrain préparatoire. Il ne pilote pas de projet et ne réalise pas de tâches pendant son déroulement : une fois le mode projet lancé, il n’intervient généralement plus, sauf si un alignement méthodologique est nécessaire en cours de route.
Les compétences clés en gestion de projet
Quel que soit le métier occupé, plusieurs compétences reviennent comme des fondamentaux du secteur.
L’expérience de terrain
Rien ne remplace l’expérience accumulée, qu’elle vienne de votre propre parcours, de votre équipe ou des parties prenantes du projet.
La formation continue
Se former régulièrement aux techniques professionnelles, aux méthodes de management de projet et aux outils du secteur reste fondamental pour rester à niveau.
La communication
C’est un atout central tout au long du cycle de vie d’un projet, quel que soit le métier exercé : coordination, arbitrage ou accompagnement du changement s’appuient tous sur cette compétence.
La maîtrise des outils
Logiciels de planification, de collaboration ou de pilotage, mais aussi matrices comme le RACI : ces ressources permettent, ensemble, d’optimiser la réalisation du projet.
La relation client
Particulièrement importante en méthode agile (Scrum, par exemple), une écoute attentive et un engagement plein du client limitent les risques et rendent le pilotage plus précis et plus rapide.
Il forme, rassure et développe la connaissance de l’équipe et de chacun de ses membres. Son objectif reste la préparation des équipes aux processus et à leurs enjeux, en organisant, coordonnant et projetant les membres autour de la méthodologie choisie.
Et le Product Manager ?
Il est en général plus lié à l’offre qu’au projet lui-même. Il va donc être un chef de projet dédié à un environnement particulier. Comme peut l’être par exemple le Scrum Master, pour ce qui est de la méthode agile du même nom.
Le Product Manager s’ancre dans des projets d’ordre marketing, où business, croissance et vision stratégique sont les maîtres mots.
Le chef de produit conçoit l’offre, développe les axes de commercialisation, déploie la stratégie marketing et manage les différents pôles autour de son produit. À ne pas confondre avec le Product Owner !
C’est au final un rôle très transverse, qui peut conduire vers celui de responsable marketing.
Ce métier de management est à l’interface entre les ventes, la marque, la communication et le marketing.
Son impact et ses missions sont fortement conditionnées au cycle de vie du projet.

Quel est le salaire moyen d’un chef de produit ?
Il entre dans la grille du marketing et non dans celle de la technique, les salaires sont donc en rapport. Et malgré sa fonction clé dans le suivi de projet et la réussite du produit, ils restent plutôt raisonnables.
Pour un profil confirmé, il faut compter autour des 4 000 € mensuels (hors primes éventuelles), en France. On est donc assez loin des gratifications fantasmatiques d’un gestionnaire, dans le milieu tech par exemple.
Le gestionnaire de projet : un poste, des domaines d’activité
Au sein des équipes orientées conduite de projet, on a vu différents métiers, souvent associés à un rôle particulier ou à un niveau hiérarchique dans l’entreprise. Mais ce poste peut également demander des compétences variées, selon les objectifs de travail visés.
En effet, le gestionnaire peut non seulement avec un rôle spécifique, assurer ses missions dans un service ou contexte de management particulier. Mais il peut également être directement associé à son domaine d’activité. Outre les tâches associées, les qualités pour ce pilote en entreprise peuvent être différentes, s’il agit sur des projets informatiques, RH ou des planifications dans le milieu de la construction, par exemple.
Les méthodes de gestion de projet, mais aussi les phases projet, le management d’équipe ou le suivi peuvent être directement influencés par le domaine clé d’activité. Le meilleur gestionnaire de projet devra ainsi maîtriser des codes spécifiques ou des processus bien normés.
Le secteur peut donc avoir son impact qu’il est important de comprendre pour la réussite du projet.

Conclusion sur les métiers en gestion de projet
Cet article volontairement ne couvre pas toutes les petites variantes liées aux méthodes, qui relèvent plus de fonctions adaptées que de métiers à proprement parler : le Scrum Master, le Product Owner ou le chef de projet digital et informatique n’y sont pas détaillés, mais font l’objet d’autres contenus dédiés.
Voici donc un aperçu des grandes typologies de métiers dans l’univers de la gestion de projet. Cette liste peut ne pas être exhaustive : n’hésitez pas à nous partager d’autres métiers qui vous semblent incontournables.
Dans les petites structures, il n’est pas rare d’endosser plusieurs de ces casquettes à la fois. C’est notamment le cas chez Bubble Plan, pour le développement et le déploiement de nos solutions de management et de pilotage d’activités.






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